La Tradition
L'aspect traditionnel est très important dans notre discipline et il se manifeste à de nombreux niveaux.
- Le Bushido
- Le Kagami-Biraki
- Le Hakama
- Les règles du Dojo
- Pratiquants et spectateurs
- Sur le tatami
Le Code d'honneur et de Morale Traditionnelle des Arts Martiaux au Japon est le Bushido, voie du Samouraï ou Chevalier.
L'influence en est si forte qu'elle s'est imposée au peuple entier. Comme tous les Arts Martiaux d'origine japonaise, le JuJitsu Traditionnel est donc imprégné de Bushido et inconcevable sans lui. C'est pourquoi, chaque ceinture noire engagée dans la voie du JuJitsu Traditionnel, l'est aussi dans celle du Bushido. Il doit donc étudier, pratiquer et vivre le Bushido en même temps que le JuJitsu Traditionnel, car ils sont inséparables.
En Europe, les Chevaliers du Moyen-Age, en Inde les Kshattryas, avaient les mêmes Codes d'Honneur que les Samouraïs japonais. Ce qu'il y a de plus humain dans nos sociétés mécanistes, est une survivance des principes chevaleresques. Les titres de Gentleman ou de Gentilhomme sont encore de nos jours donnés à ceux qui vivent selon les règles non écrites de l'antique chevalerie.
Le Bushido des Samouraïs est toujours vivant et actuel au Japon. Sa vitalité éveille en nous l'écho profond de notre ancienne culture chevaleresque. La pratique du Bushido ne nous est donc pas étrangère. Jointe à celle des Arts Martiaux, elle reprend seulement une actualité civilisatrice.
Résumé et traduit en deux mots, le Bushido est la Noblesse d'Ame, mais "Noblesse oblige", vieille maxime française, signifie que chaque ceinture noire doit se discipliner, pour qu'en dépit des impulsions et passions, cette Noblesse d'Ame guide son comportement dans le Dojo, dans les combats et dans la vie.
"Kagami-Biraki" : littéralement, briser le miroir. Il s'agit de la fête annuelle du Dojo, généralement avec l'arrivée de la nouvelle année. C'est en quelque sorte "faire le point" sur l'année écoulée et inaugurer celle qui vient. Historiquement, c'est à partir du 13 décembre qu'on se prépare pour le nouvel an. Cela consiste à nettoyer le Dojo, à effectuer quelques réparations, à ouvrir les fenêtres pour aérer le lieu.

Le "Kagami-Biraki" ou "Kagami-Biraki-Shiki" était l'une des principales cérémonies durant les fêtes du nouvel an du Japon ancien. Dans les temps féodaux, chaque famille de samouraï offrait le "Kagami-Mochi" (gâteau de riz en forme de miroir rond) à chaque armure appartenant au chef de famille ou à ses fils, et priait pour leur succès dans les combats. Quelques jours après, ils coupaient ces gâteaux en morceaux et les préparaient pour le "Shiruko" (soupe de haricots rouges), le "Zôni" (soupe bouillie avec des légumes)... puis la famille et les invités les mangeaient ensemble.
Après le déclin de la classe militaire, cette coutume est tombée en désuétute, mais dans quelques "ryu" (écoles), elle est encore pratiquée. Certaines modifications ont été apportées pour s'adapter aux temps présents. Jigoro Kano, fondateur du Judo, avait repris cette tradition dès 1884 dans son Kodokan ("Etude pour l'étude de la voie" ou "Institut du grand principe"), première école de Judo créée en 1882.

En JuJitsu Traditionnel, on peut inviter amis, familles, ou pratiquants d'autres Dojo. Traditionnellement, la cérémonie des voeux commence par le discours d'ouverture du président de cérémonie. Puis vient la démonstration du 1er Kata. Le "Kagami-Biraki" se poursuit ensuite par le dernier mode d'entraînement de l'année. Il marque la fin de l'année écoulée où chacun a tiré profit du travail effectué, et assure ainsi sur des bases solides, la liaison avec la nouvelle année. Le "Kagami-Biraki" s'accompagne également très souvent d'une cérémonie de promotion pour les enfants et les adultes. Les échanges de voeux entre les membres représentatifs, les familles des pratiquants et les pratiquants eux mêmes sont généralement suivis d'une remise de présents des élèves à leurs professeurs.
Après le discours de clôture, toutes les personnes présentes se retrouvent pour partager le verre de l'amitié.
Le Hakama n'est porté qu'à l'occasion des cérémonies traditionnelles.
Les sept plis du Hakama symbolisent les sept vertus associées au Bushido (Code d'Honneur et de Morale Traditionnelle des Samouraïs - Voie du guerrier). Ces sept vertus sont :
![]() Jin la bienveillance la générosité |
![]() Gi l'honneur la décision juste la rectitude |
![]() Rei le respect, la courtoisie l'étiquette |
![]() Yu le courage |
![]() Makoto l'honnêteté |
![]() Chugi la fidélité la loyauté |
![]() Meiyo l'honneur |
Nous retrouvons ces qualités et ces vertus chez le samouraï d'antan. Le port du Hakama nous incite donc à refléter la vraie nature du Bushido. Il symbolise les traditions qui se sont perpétuées de génération en génération.
Le JuJitsu Traditionnel étant issu de l'esprit du Bushido, chaque pratiquant se doit de s'efforcer dans sa pratique de polir son miroir intérieur, de travailler et de développer les vertus traditionnelles.

- Le JuJitsu traditionnel n'est pas, à proprement parler, un sport. C'est une discipline, un processus éducatif visant à entraîner l'esprit, le corps et l'âme. Il n'a pas pour objet la technique pure, celle-ci ne constituant qu'un outil destiné au développement.
- Un «Dojo» de JuJitsu traditionnel n'est pas un gymnase. C'est l'endroit où l'enseignement du Maître est dispensé. On ne doit pas y étaler son «égo», mais y élever et purifier son corps et son âme. Une attitude de respect, de sincérité et de modestie sont essentiels à la sécurité de chacun.

- Le «Dojo» fonctionne suivant les règles traditionnelles. C'est l'endroit consacré à recevoir l'enseignement du fondateur de la méthode. Il est du devoir de chaque élève d'honorer et de suivre cet enseignement.
- Chaque élève doit participer à la création d'une atmosphère positive d'harmonie et de respect.
- Le «Dojo» ne doit pas être utilisé à d'autres fins que les cours prévus sans la permission du Maître.

- C'est au Maître ou aux instructeurs de décider s'ils dispenseront ou non leur enseignement à un élève. On n'achète pas la technique. La cotisation vous garantit un endroit pour pratiquer et n'est qu'un des moyens de prouver votre gratitude pour l'enseignement que vous recevez. Les cotisations devront être réglées ponctuellement.
- Respectez le fondateur et ses enseignements tels qu'ils sont transmis par vos instructeurs. Respectez le «Dojo», vos instruments de travail, et respectez-vous mutuellement.

- Il se peut que vous soyez amenés à nettoyer le «Dojo». Le nettoyage régulier au Japon constitue un acte de gratitude et de respect et chaque pratiquant doit participer au nettoyage du «Dojo» et s'y appliquer avec cœur.
- Le JuJitsu traditionnel, n'est pas une religion, mais une éducation et un perfectionnement de l'esprit. On ne vous demandera pas d'adhérer à une doctrine religieuse, mais seulement de garder une ouverture d'esprit. Le salut ne constitue pas une cérémonie religieuse, mais un signe de respect pour l'esprit de l'Intelligence Universelle qui se trouve en chacun de nous.
Les règles du pratiquant
Il est nécessaire de respecter l'enseignement et la philosophie du fondateur, et la manière dont les instructeurs les transmettent.- Chaque pratiquant s'engage moralement à ne jamais utiliser une technique de JuJitsu traditionnel, pour blesser ou manifester son « égo ». Ce n'est pas une technique de destruction mais de création. C'est un outil visant au développement d'une société meilleure à travers celui de la personnalité.
- Les règlements de conflits personnels sur le « tatami » sont interdits. Le JuJitsu traditionnel n'est pas du combat de rue. Vous êtes sur le « tatami » pour transcender et purifier vos réactions agressives, pour adopter l'esprit du Samouraï.
- Il n'y aura pas d'esprit de compétition sur le tapis. Le but du JuJitsu traditionnel, n'est pas de vaincre un adversaire, mais de lutter contre vos propres instincts agressifs. La force du JuJitsu traditionnel ne réside pas dans la puissance musculaire, mais dans la souplesse, la communication, le contrôle de soi, la modestie.
- Toute forme d'insolence sera proscrite; nous devons tous être conscients de nos limites.

- Chacun a des possibilités physiques et des raisons différentes pour pratiquer le JuJitsu traditionnel. Elles doivent être respectées. Le JuJitsu traditionnel véritable est l'application correcte et souple de la technique appropriée dans n'importe quelle circonstance. Vous devez veiller à n'occasionner aucune blessure. Il faut protéger votre partenaire et vous protéger vous-même.
- Acceptez les conseils des enseignants et essayer de les appliquer avec sincérité, du mieux que vous pouvez. Il n'y a pas de place pour la contestation.
- Tous les pratiquants étudient les mêmes principes. Aucun désaccord ne doit « naître » au sein du groupe, et tous les pratiquants du «Dojo» forment une grande famille; le secret du JuJitsu traditionnel est basé sur l'accord, l'harmonie et la paix. Si vous ne pouvez pas respecter ces règles, il vous sera impossible d'étudier le JuJitsu traditionnel dans ce «Dojo».
Les règles pour les spectateurs
Vous êtes invité à venir regarder un cours à n'importe quel moment, à condition que les règles suivantes soient observées :
- Prenez place avec respect, ne posez jamais les jambes sur un meuble et n'adoptez pas une position semi-allongée...
- Il est interdit de manger et de boire pendant le déroulement du cours.
- Dans l'enceinte du «Dojo», il est strictement interdit de fumer.
- Ne parlez à personne se trouvant sur le «tatami».
- Ne vous promenez pas pendant que le Maître ou les instructeurs du « Dojo » montrent ou corrigent un mouvement.
- En début et en fin de cours, saluez avec les autres (soit en position naturelle debout ou en position agenouillée si le «Dojo» le permet).
- Restez assis jusqu'à ce que le Maître ou les instructeurs aient commencé le cours ou quitté le «tatami» à la fin du cours.
- Si vous ne savez pas quelle attitude adopter, demander à un ancien pratiquant.
L'Étiquette sur le «tatami»
- En montant sur le tapis et en le quittant, vous devez saluer.
- Saluez toujours en direction du mur d'honneur et du portrait du fondateur.
- Respectez vos instruments de travail. La tenue d'entraînement doit être propre et en bon état, les armes rangées lorsqu'elles ne sont pas utilisées.
- N'utilisez jamais une tenue ou des armes qui ne vous appartiennent pas.

- Quelques minutes avant l'entraînement, vous devriez être légèrement échauffé, assis en « seiza », tous sur une même ligne et dans une posture de méditation. Ces quelques minutes permettent à votre esprit de faire le vide, de se débarrasser des problèmes de la journée et préparent à l'étude.
- Le cours commence et se termine par une cérémonie formelle. Il est essentiel d'être à l'heure pour y participer, mais si vous arrivez en retard, vous devez attendre assis à côté du tapis jusqu'à ce que le Maître ou les instructeurs vous fassent signe de vous joindre au cours. Saluez-le(s) à genoux en montant sur le tapis. Veillez aussi à ne pas perturber le cours.

- La façon correcte de s'asseoir sur le «tatami» est la position en «seiza». Mais si vous êtes blessé au genou, vous pouvez vous asseoir en tailleur. N'allongez jamais les jambes et ne vous adossez pas au mur ou à un poteau. Vous devez être disponible à chaque instant.
- Ne quittez pas le «tatami» pendant l'entraînement sauf en cas de blessure ou de malaise.
- Quand le Maître ou les instructeurs montrent une technique, vous devez rester assis en «seiza» et regarder attentivement. Après la démonstration, saluez le Maître ou les instructeurs, puis saluez votre partenaire et commencez à travailler.
- Dès que la fin d'une technique est annoncée, arrêtez immédiatement votre mouvement, saluez votre partenaire et rejoignez les autres pratiquants assis en ligne.

- Ne restez jamais debout sur le «tatami» sans travailler. S'il le faut, restez en «seiza» en attendant votre tour.
- Si pour une raison, vous devez absolument poser une question à un instructeur ou au Maître, allez vers lui, ne l'appelez jamais : saluez-le avec respect et attendez qu'il soit disponible (un salut debout suffit dans ce cas).
- Quand le Maître ou l'instructeur vous montre un mouvement en particulier pendant le cours, mettez-vous à genoux et regarder attentivement. Saluez-le lorsqu'il a terminé. Quand il corrige un autre pratiquant, vous pouvez vous arrêter de travailler pour regarder. Asseyez-vous en «seiza» et saluez de même.

- Respectez les pratiquants les plus gradés. Ne discutez jamais à propos d'une technique. Vous êtes là pour travailler, non pour imposer vos idées aux autres.
- N'essayez pas de corriger votre partenaire si vous n'avez pas le niveau «Yudansha» (Ceinture Noire à liseré violet).
- Parlez le moins possible sur le tapis. Le JuJitsu traditionnel est «expérience».
- Le port des bijoux est déconseillé pendant l'entraînement. Bien qu'il y ait de nombreuses règles d'étiquette à assimiler, elles viendront naturellement avec une pratique régulière.






